Façons de voir

Hugues de Montalembert a été attaqué et aveuglé en 1978, à l’âge de 36 ans. L’artiste français et voyageur dévoué décrit sa nouvelle vie sans vue au cinéma. Black Sun est un documentaire impressionniste vibrant et émouvant qui suit les 20 prochaines années de sa vie, dans un voyage incroyable autour du monde. Et c’est un portrait personnel et ouvert de la perte et du chagrin, et un aperçu de ce que la vue signifie pour une personne aveugle. L’impression ultime, cependant, est celle d’un artiste déterminé à continuer sa vie comme avant.De Montalembert raconte Black Sun, mais son histoire inclut aussi des récits visuels inspirés de ceux construits dans son cerveau alors qu’il tente d’interpréter les intrants altérés. Il raisonne que l’existence de ces visions “ ” prouve que la vue est créée en interne, et n’est pas une perception. L’objectif met en évidence la mise au point douce à travers les vues aériennes de New York: un million de lumières scintillent dans le crépuscule violet et brumeux. “ Combien de personnes aveugles avez-vous rencontrées? Où sont-ils? ” il demande calmement. La caméra fait un zoom sur une avenue encombrée, puis les bords des rues et des bâtiments deviennent blancs, comme s’ils étaient dans un programme géant d’infographie. Les annotations blanches s’alignent parfaitement avec les cadres de fil. Il revit l’attaque. Deux drogués dépourvus de drogue le forcent au couteau dans l’appartement de New York qu’il a emprunté à un ami. Parce qu’il n’a rien de valeur &#x02014, et parce qu’il se bat contre &#x02014, les intrus se mettent en colère. On lui jette de la peinture, et le liquide nocif lui brûle les yeux. Ses cris effraient les assaillants. Franchement, il baigne les yeux dans la douche, mais déjà il peut sentir sa vue s’affaiblir. Nous voyons un kaléidoscope de vision floue et tunnel. À l’hôpital, il demande au médecin si c’est sérieux, et le médecin dit oui, très. Et le lendemain, de Montalembert est aveugle. Il n’est pas dans les ténèbres, bien que — plutôt la lumière dorée &#x0201c, comme tomber dans un pot de miel foncé ” Au cours des prochains jours, son cerveau crée des images vivantes, érotiques et troublantes. Les gens commencent à traiter différemment Montalembert &#x02014, maintenant les infirmières, les médecins et les visiteurs lui portent leur âme. Il craint la réaction des autres à son aveuglement. “ Quand serez-vous en mesure de voir à nouveau? ” un chauffeur de taxi lui demande. De Montalembert apprend à jouer du piano d’une main, l’autre lisant la partition en Braille. Il équivaut à perdre la vue en perdant sa masculinité, à la castration. Il pleure sa perte en tant qu’artiste et en tant qu’être humain. Initialement, il veut que son aveuglement soit tenu secret par ses amis, sa famille et sa petite amie. Il pense qu’il ne serait pas capable de les consoler. Mais ils découvrent, et il doit demander à sa mère de ne pas rendre visite parce qu’il a besoin de plus de temps. Son amant le quitte, comme d’autres amis. “ Les gens n’aiment pas la tragédie, ” il dit. Il se torture que sans contact visuel il ne peut y avoir d’amour. Et il désespère: “ Vous ne pensez jamais que cela vous arrivera. ” Mais il n’est pas prêt à accepter une vie sédentaire. Il craint aussi d’abandonner son indépendance, d’avoir besoin d’aide. “ Si je veux quelque chose, je sais que ce sera difficile. ” Et il associe l’aveuglement à un corps vaincu à travers l’âge. Malgré les protestations des médecins qu’il n’est pas prêt, la dépression envahissante l’incite à s’inscrire dans un centre de réadaptation cancer du foie. Des images optimistes montrent des bâtons blancs, des cartes visuelles, des leçons de braille et des parcours d’obstacles dans les couloirs des hôpitaux. Il se souvient en couleur alors qu’il décrit avec ravissement l’excitation de se faufiler hors du centre et de marcher à sept pâtés de maisons sur Madison Avenue tard dans la nuit. Les bâtiments se transforment en nuages ​​qui se transforment en un désert ruisselant d’herbe. Parfois, la photographie évoque la nostalgie des vacances d’été tournées en super huit et, dans d’autres, elle est criarde et synthétique. L’amélioration informatique transforme les plans en dessins techniques et images thermiques, éclats intenses de couleurs contrastées. Un an et demi plus tard, De Montalembert n’en parle à personne et quitte New York pour l’Indonésie. Il dépeint Bali dans des thermogrammes multicolores éblouissants, des visages rouges et verts bruyants. Ici, il trouve la catharsis par écrit. Parfois, involontairement, il continue d’écrire après que son stylo soit épuisé. Une fois, il a continué pendant 12 pages, jusqu’à ce que son cuisinier remarque. ​ remarqué.Figure 1De Montalembert utilise son aveuglement pour essayer de comprendre ce que signifie être capable de voir