Un véritable herboriste de pays

une vraie paysanne. Fille d’un fermier, elle a épousé un fermier et passé toute sa vie à traire des vaches, nourrir des cochons, cultiver des légumes, répandre du fumier (on ne peut jamais avoir trop de fumier, m’a-t-elle dit) et faire passer de l’essence et des cigarettes. Nous étions une famille tactile, et quand elle vous étreignait à son sein ample à la fois l’oxygène et la lumière seraient temporairement bloqués. Ce qu’elle ne pouvait pas vous dire à propos de la terre n’a pas d’importance. Elle pouvait identifier chaque oiseau par son chant, chaque créature par son empreinte, chaque homme par son vélo. Mais ce n’était pas une idylle romantique; La ferme exigeait une greffe éreintante et sans fin, et ses mains étaient tachées de sang. Je suis probablement la dernière génération à me souvenir de ce que c’était que de tuer ce que nous mangeons. Chaque année, quelques jours étaient consacrés à l’abattage, et ces jours étaient très différents des autres obésité. La fenaison et la cueillette des pommes de terre étaient des jours de rires et de pique-niques, de limonade et de sandwichs au jambon assez gros pour étouffer un cheval et des tartes aux pommes si épaisses qu’on aurait pu en faire des chaussures, mais les jours d’abattage le rire et pas de bonne humeur. Ils étaient des jours sombres; nous avons rendu notre hommage à ces créatures que nous avions élevées, nourries et soignées en étant sobres et respectueuses. Il n’y avait aucune place pour la sentimentalité, mais les tuer aussi calmement et efficacement que possible faisait partie du contrat tacite. Tatie Mamie n’était pas une invention d’un article du magazine du dimanche. Elle avait le sol entre ses orteils et sous ses ongles (de façon permanente). Elle n’avait aucune nostalgie affectée pour le bon vieux temps; et dès qu’elle put se l’offrir, elle démolit sa petite chaumière pittoresque (le chaume était toujours plein de punaises, dit-elle) et la remplaça par un nouveau bungalow, avec des fenêtres en aluminium. Et quand elle ou un membre de sa famille élargie (qui a couru dans des centaines) était malade, elle n’est pas allée à la femme sage locale, au guérisseur de la foi, au chaman du nouvel âge, au kaftan portant herboriste &#x02014 Elle les connaissait pour les charlatans qui leur donnaient du sang, et de telles prétentions bourgeoises n’avaient aucun sens pour elle. Au lieu de cela, elle irait chez son médecin de famille. La seule utilisation qu’elle ait jamais eu pour les herbes, me dit-elle, était de farcir un poulet pour améliorer le goût.